Activité 8
Croyances liées aux relations amoureuses

Matériel:

  • Questionnaire sur les relations

Objectifs:

  • Comprendre comment certaines croyances peuvent dicter notre comportement
  • Identifier les croyances liées à notre perception des relations amoureuses qui peuvent inciter à la violence

Description:
Les stéréotypes et les mythes peuvent parfois influencer les comportements. Certains mythes mettent les femmes en danger, car ils déresponsabilisent les hommes de leurs actions et rendent les femmes responsables de leur victimisation. Afin d’entretenir des relations saines, les élèves doivent être en mesure d’identifier, de définir et d’adopter un comportement acceptable à l’égard de leurs histoires personnelles.

L’exercice suivant est conçu pour encourager les élèves à examiner les conséquences possibles de leurs préjugés en ce qui concerne les relations amoureuses. Cet exercice constituera, pour nombre d’entre eux, probablement la première fois qu’ils auront l’opportunité d’étudier si leurs attitudes sont acceptables dans une relation.

Le feuillet volant vous a été fourni pour aider les élèves à identifier les formes de violence pouvant survenir dans le cadre d’une relation. Il traite des origines de la violence des hommes envers les femmes et rejette le mythe selon lequel la violence est inhérente aux hommes. Examinez la nature oppressive des stéréotypes et comment ils nous donnent une fausse perception d’autrui. Expliquez le lien entre les stéréotypes et les mythes, et comment ils conditionnent nos réactions dans certaines situations.

Distribuez le questionnaire sur les relations amoureuses. Expliquez qu’une discussion s’ensuivra et que la feuille n’est qu’un exercice personnel (autrement dit qu’elle ne sera pas ramassée).

Passez en revue chaque question et discutez des réponses des élèves. La feuille de réponses ci-jointe vous sera utile lors de la discussion. Distribuez-en une copie après la discussion. Soyez préparé(e) à la possibilité que des élèves croient en certains mythes. Il sera difficile de l’accepter, mais cela stimulera le dialogue et la réflexion. Lorsque les élèves se disent d’accord avec un mythe, reconnaissez leur point de vue et parlez-en avec toute la classe.

  • Pourquoi pensez-vous que les gens croient cela?
  • Pourquoi les gens pensent-ils que cela est vrai?
  • Est-ce toujours vrai?
  • Quand est-ce que cela n’est pas vrai?
  • Qui blâmons-nous ici?
  • Qui est responsable?
  • Est-ce juste?
  • Pourquoi?

Expliquez qu’en conformant nos comportements à certaines représentations traditionnelles, nous perpétuons des attitudes qui nourrissent des relations malsaines entre les hommes et les femmes. En plus d’établir des structures de pouvoir dans lesquelles les hommes dominent les femmes, de telles croyances justifient et tolèrent les formes de violences faites aux femmes. Concluez la discussion en demandant aux élèves ce qui constitue une relation saine. Voici des thèmes que vous pourriez mentionner : respect mutuel, communication ouverte, écoute active, affection, amour, compréhension et confiance.

Activités alternatives et supplémentaires

  • Groupes de recherche. Divisez les élèves en petits groupes et demandez-leur de préparer une présentation sur les origines d’un mythe spécifique aux relations amoureuses.
  • Association de mythes. Fournissez une liste de mots aux élèves qui reflètent des mythes sociétaux et demandez-leur de composer un court récit utilisant ces mots. Discutez des récits avec la classe et essayez d’identifier les mythes sous-jacents sur lesquels les histoires ont été basées.
  • Analyse des médias. Demandez aux élèves de regarder une émission populaire à la télévision et d’analyser le rôle des personnages et les messages perçus par les téléspectateurs.
Feuille de travail

Questionnaire sur les relations: Vrai ou Faux

  1. La jalousie est un signe d’affection et d’amour.
  2. Les filles aiment que les garçons soient agressifs et dominateurs.
  3. Au cours d’une relation sexuelle, si la fille ne se débat pas, ce n’est pas du viol.
  4. Si une fille a déjà eu des rapports sexuels, elle ne peut pas être violée.
  5. Si la tenue vestimentaire d’une fille est provocante, elle recherche des relations sexuelles.
  6. Les filles disent « non », mais cela veut dire « oui ».
  7. Les garçons ne sont pas victimes de violence dans les relations.
  8. Une fois qu’un garçon est excité, il faut que cela le conduise à avoir un rapport.
  9. Il est possible de reconnaître un violeur.
  10. La plupart des agressions sexuelles sont commises par des étrangers.
  11. Si une fille est seule dans la maison d’un garçon, elle consent forcément à avoir un rapport avec lui.
  12. Une femme ne peut pas être violée par son mari.
  13. Si un garçon paye pour une sortie, il mérite d’avoir un rapport avec la fille.
  14. Avoir des rapports sexuels avec quelqu’un prouve que vous l’aimez.
  15. L’alcool et la drogue causent des incidents de violence envers les femmes.

Feuille de réponses

  1. Faux. La jalousie n’a rien à voir avec l’amour, mais avec la possession. Elle reflète une présomption sous-jacente d’appartenance qui donne à une personne le droit d’imposer sa volonté sur une autre. La jalousie est l’une des causes les plus communes de la violence dans les relations. Lorsque l’on aime quelqu’un, on est censé soutenir et mettre en valeur cette personne, au lieu de l’inhiber, de l’abuser et de l’isoler.
  2. Faux. Personne n’aime être dominé. Les gens agressifs utilisent ce comportement pour exercer leur pouvoir sur une autre personne. Par conséquent, celle-ci n’est pas sur le même pied d’égalité dans la relation. Une relation saine entre deux individus est fondée sur l’équilibre, et non sur l’intimidation.
  3. Faux. Un rapport sexuel sans consentement mutuel est un viol – même si la victime ne parvient pas à se défendre contre son agresseur. Dans certaines situations, la peur d’aggraver les choses empêche les femmes d’essayer de se défendre. Une victime n’est jamais responsable des actions d’un assaillant. De même que nous ne blâmons pas quelqu’un qui a été volé, nous ne pouvons pas blâmer une femme pour l’acte violent de son assaillant. Le sexe n’est jamais forcé ou imposé dans une relation saine.
  4. Faux. L’acte sexuel nécessite toujours un consentement mutuel. Dans le cas contraire, il s’agit d’un viol. Le fait qu’une femme ait déjà eu des rapports sexuels ne remet absolument pas en question son droit de dire « non ».
  5. Faux. Une personne ne demande jamais à être agressée. Le mode vestimentaire d’une femme ne justifie aucunement l’acte violent. L’auteur d’un viol est le seul responsable de ses actes : il est coupable ; sa proie est une victime.
  6. Faux. « Non » veut dire non. Le silence veut dire non. L’incertitude veut dire non. « Arrête », « Pas maintenant », « Je ne me sens pas bien », et « Je veux rentrer chez moi » veulent aussi dire non, et ces refus doivent être respectés. Si un garçon n’est pas sûr qu’une femme est consentante, il doit tout simplement le lui demander. Nous devons tous et toutes apprendre à clairement exprimer nos sentiments et à respecter ceux des autres.
  7. Faux. Les garçons peuvent eux aussi être victimes de la violence dans le cadre d’une relation. Néanmoins, sous sa forme physique, la violence envers les hommes survient moins souvent et ses conséquences sont en général moins graves. Les femmes victimes de violence affichent trois fois plus de blessures superficielles que les hommes victimes, deux fois plus de blessures moyennes et 100% des blessures graves.
  8. Faux. Les garçons n’ont pas plus besoin d’assouvir leurs désirs sexuels que les filles. Si un des partenaires se sent mal à l’aise durant l’activité sexuelle, ou ne veut pas aller plus loin, elle/il a le droit d’arrêter n’importe quand. Dans une relation saine, les deux partenaires communiquent et se respectent mutuellement.
  9. Faux. Les violeurs ne se distinguent pas par des caractéristiques particulières facilement décelables. Les études révèlent que les garçons qui commettent un viol ne sont pas tous des maniaques sexuels à l’esprit dérangé ; autrement dit, les auteurs d’agressions sexuelles peuvent être des garçons a priori ordinaires qui cherchent par là à dominer, à soumettre l’autre ou à le nier.
  10. Faux. La majorité (69%) des agressions sexuelles est commise par une connaissance de la victime. Bien souvent, le profil des délinquants ne correspond pas au stéréotype de « l’inconnu qui rôde dans les rues le soir ». Le plus souvent, l’auteur d’une agression sexuelle est un copain, un voisin, un entraîneur, un collègue ou un membre de la famille.
  11. Faux. Le consentement nécessite un accord clairement établi entre les deux partenaires. Ce n’est pas parce qu’une femme est seule avec un homme qu’il peut en déduire qu’elle veut coucher avec lui. Un homme qui agit selon cette supposition commet une agression sexuelle.
  12. Faux. En Suisse, depuis le 1er avril 2004, le viol et la contrainte sexuelle entre époux ou partenaires enregistrés sont poursuivis d’office. Auparavant, l’infraction n’était poursuivie que sur plainte.
  13. Faux. Personne n’a d’obligation envers quelqu’un d’autre en ce qui concerne les rapports sexuels. On ne devrait jamais les considérer comme un dû, ni comme un signe de gratitude. Dans une relation saine, les décisions à l’égard du sexe sont prises et respectées par les deux partenaires.
  14. Faux. Sexe ne signifie pas amour. Bien que l’activité sexuelle fasse partie d’une relation affectueuse, cela ne prouve pas que l’amour existe. L’amour est basé sur le respect mutuel, la tendresse, la compréhension, la communication, l’engagement, la franchise et la confiance.
  15. Faux. L’alcool et la drogue ne sont pas la cause d’incidents de violences faites aux femmes. Bien que la consommation de ces substances puissent favoriser le passage à l’acte, elle ne peut être invoquée pour excuser le comportement violent : les hommes qui utilisent la violence envers les femmes le font de leur propre chef.

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